2026 - Figures libres

Nyon

Les œuvres présentées dans cette exposition par Bernard Boujol n'étaient pas destinées à former une série. Leur point de départ était une exploration sans aucune contrainte. La série s'est finalement créée d'elle-même depuis cette origine libre, comme un message secret envoyé à l'artiste par son inconscient. Traversé par des préoccupations liées à la transmission féminine, à la préservation de l'environnement et à la conscience de la condition de mortel, le peintre a transformé ces grands sujets de réflexion en une quête visuelle proche de l'épure, à l'équilibre entre le plein et le vide, la solitude et le rassemblement, le jeu et l'abstraction.

Les textures tracées au pinceau, souvent déstructuré d'un coup de ciseau dans les poils, nous invitent comme d'habitude dans le travail de Bernard Boujol à l'imagination méditative. S'il a pu se remémorer des souvenirs dans la nature en créant ses peintures, d'un glacier qui disparaît à une étrange forêt squelettique, il nous laisse le choix d'interpréter ses élans selon nos propres mémoires et projections.

La dernière œuvre de la série constitue une ode à la femme, en référence au concept de "mère nature" qui, au-delà de son usage commun, a la perspicacité de marier deux mots qui sont aussi chacun un enjeu crucial de la société contemporaine, mettant doublement en perspective rien de moins que la survie de l'humanité. Nous pourrons alors penser que cette conclusion picturale ressemble fort à un point d’interrogation, dont chaque personne pourra deviner autant la question que la réponse, ouvrant à nouveau la boucle de la créativité en liberté. 

Héloïse Pocry / www.lemancolie.ch
Recherche